BARBEY d'AUREVILLY Site de la Société Jules Barbey d'Aurevilly
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Itinéraires aurevilliens

Ici vous sont proposées des promenades dans le Cotentin de Barbey et aussi plus loin dans la Manche, dans la Normandie et même au-delà. Elles sont en relation avec l'oeuvre, avec la vie et les voyages de l'écrivain.

Barneville-Carteret

Petite station balnéaire de l'ouest Cotentin dont les villages étaient alors séparés administrativement, Carteret fût d'abord pour Jules Barbey d'Aurevilly un lieu de promenades "à la mer" et Barneville, lieu de villégiature, situés à quelques dizaines de kilomètres de son "cher St-Sauveur". Par la suite, il les intégra dans son oeuvre, essentiellement dans "Une vieille maîtresse" mais il en parlera également dans sa correspondance et ses "Memoranda".

Le "manoir à Margot" (appellation locale), face à l'actuel port de plaisance à Carteret.

On retrouve cette belle demeure dans la deuxième partie de son roman "Une vieille maîtresse". Elle devient " le nid d'alcyon" qui abrite la lune de miel des jeunes mariés Hermangarde de Polastron et Ryno de Marigny... Hélas, à quelques lieues de là, au village de pêcheurs dénommé "Les Rivières", loge la "Vellini". Celle-ci a été installée par l'auteur dans un galetas à peine meublé qui était initialement une grange. Cet endroit, bien connu de l'auteur, est un regroupement de quelques maisons "formant équerre" appelé "Bas-Hamet".

Le gué de la rivière "La Gerfleur" qui sépare, au village " Le Tôt", Carteret de " Les Rivières" à Barneville.

C'est le gué que Ryno emprunte à bride abattue pour rejoindre au plus vite sa démoniaque maîtresse... A l'époque, on pouvait facilement joindre "le manoir" et "Les Rivières" en suivant la bordure Est du havre de Carteret ; toutefois, celle-ci était coupée par l'embouchure de la petite rivière encaissée "La Gerfleur" envahie par la mer à marée haute.

Le "Bas-Hamet" ou "Hameau de bas" au village "Les Rivières" (Les maisons sont d'époque bien que sérieusement rénovées depuis).

C'est ici que Barbey qui connaissait bien ce petit hameau a installé la Vellini, sans doute dans la grange dont on voit le toit de tuiles rouges au dessus de la haie (à droite de la photo). Dans l'axe de la route, la maison avec le chien-assis et le vélux était celle du cabaret-mercerie tenu par le couple Le Cannellier (in Jean Barros, Le canton de Barneville-Carteret, tome II : dans l'histoire).

Façade de l'ancien hôtel des voyageurs dans Barneville-bourg.

Dans cet hôtel qui, à l'époque, comportait un étage de moins, s'installait la famille Barbey en villégiature estivale. Ce ne fut sans doute pas la seule maison que la famille ait occupée dans Barneville ; mais c'est à peu près sûrement là, que Jules rencontra Hortense "l'émoi de ses quatorze ans...". Les enfants Barbey n'avaient que relativement peu de chemin à parcourir pour retrouver les enfants Bouillet qui résidaient aussi en famille au hameau "Les Rivières". (Recherches et recoupements dans les archives locales effectués par Jean Barros)

"La Penseraie" au village "Les Rivières"

Dans cette maison, résidait la famille Bouillet, amie de Saint-Sauveur-le-Vicomte de la famille Barbey. Les quatre frères Barbey y retrouvaient les deux frères et les deux soeurs Bouillet dont Elisabeth qui restera, jusqu'à la disparition de l'écrivain, son indéfectible amie.(in Jean Barros, le canton de Barneville-Carteret, tome II : dans l'histoire).

En complément de la partie de l'article ci-dessus, un membre actif de la Société, Mme Marcelle Simon que l'on remercie vivement, a fait parvenir au site la copie d'une carte postale ancienne (vraisemblablement tout début du XXème siècle) de "La Penseraie" accompagnée  de commentaires éclairant les séjours de Barbey à Barneville. On trouvera cette apostille et son illustration ci-après :

Cadeau d'une amie très chère, cette carte postale ancienne représente "La Penseraie où Barbey d'Aurevilly écrivit son célèbre roman Une vieille maîtresse".

Située dans le quartier du Bas Hamet aux Rivières, cette maison a été la propriété de madame Angénieux qui se plaisait à répéter : "Barbey d'Aurevilly y séjourna".

"Dierie" plausible puisque Barbey adolescent avait l'habitude de passer au village "Les Rivières" des vacances avec des amis Saint-sauverais de sa famille, les Bouillet.

Dans son cinquième Mémorandum daté du 13 décembre 1864, Barbey parle de son retour à Barneville :

 

 

                     " Même aspect que dans ma jeunesse et qu'il y a six ans", et évoque ses souvenirs  : "Fait arrêter le cabriolet devant toutes les maisons que j'ai habitées dans mon enfance. Il y en a une où une Hortense de dix-huit ans fit rêver ma quatorzième année. Elle ouvrit ma vie."

 

Les notes érudites de Jacques Petit dans l'édition de La Pléiade, nous apprennent qu'il s'agit peut-être d'une de ses cousines Lefêbvre d'Anneville ou plus probablement d'Octavie - Egérie Bouillet, et que la dénomination d'Hortense n'est là qu'en référence à Madame de Bouglon, dont c'était l'un des prénoms -

S'il n'a pas écrit "Une Vieille Maîtresse" à "La Penseraie", mal gré qu'en ait  l'éditeur de cette précieuse carte postale - puisque la rédaction de ce roman, étalée de 1844 à 1849, s'est faite à Paris avec un intermède dans le centre de la France - Barbey a donné dans le deuxième partie de l'intrigue un rôle majeur à l'espace barnevillais.

 

Le début du chapître XIII, "l'infidélité de la fidélité", décrit le village des "Rivières" où s'est retiré Vellini, dans l'une des misérables cabanes de pêcheurs du Bas-Hamet.

 

Le narrateur oppose, dans ce village "digne d'être chanté par Burns", "les cabanes formant équerre dans un coin de haie ou de grève" et d'autres demeures plus cossues qui ne sont pas sans rappeler "La Penseraie" :

 

                        "Si, parmi ces chaumières d'une si humble égalité entre elles, vous en trouvez une ou deux qui se haussent jusqu'au luxe d'un premier étage et dont les vitres renvoient les feux du soleil couchant à travers les bras tordus et le feuillage jauni d'une maigre vigne, soyez sûr qu'elles appartiennent à quelque capitaine au long cours qui a réussi dans ses pacotilles. Ce sont les suzeraines de l'endroit".

 

La personnalité de Madame Adrienne Angénieux, née Devillepoix Laurette mérite d'être soulignée :

 

Née à Paris en 1872, elle s'est éteinte en 1976 à Gréville à l'âge de 104 ans et repose auprès de son époux dans le cimetière de Barneville.

 Après avoir travaillé comme infirmière en chef à l'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard à Neuilly-sur-Marne, elle s'était retirée, avec son   époux, avant la seconde guerre mondiale, à Barneville où elle avait acheté "La Penseraie".

Maîtresse femme et femme instruite, elle aimait conter l'enterrement de Victor Hugo en 1885 dont elle avait suivi le cortège, à l'instar de trois millions de personnes. Elle était alors âgée de 13 ans !!!

 

Marcelle SIMON.

        

 

 

 

 

 

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